Architecture et arts décoratifs au Maghreb et au Moyen-Orient (XIXe-XXe siècles)Sources, méthodes et actualité scientifique

Juliette Hueber, Claudine Piaton, Mercedes Volait, Laboratoire InVisu (CNRS/INHA)
Séminaire hebdomadaire, le mardi de 15h à 17h (13 séances du 17 janvier au 18 avril 2017)
Salle Walter Benjamin, Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, Paris 75002

Oran, marché couvert, 1936, Georges Wolff architecte. Photographe Alice Sidoli

Que les contours en aient été déterminés par la colonisation, par des « modernités indigènes », par les conditions de la Guerre froide ou désormais par le système de la « starchitecture », l’architecture et les arts qui lui sont liés sur le pourtour sud et est méditerranéen, et au-delà dans la Péninsule arabique, constituent un vaste champ d’étude encore largement en friche. Les mêmes grands noms – Le Corbusier à Alger, Écochard à Beyrouth – sont indéfiniment travaillés, au détriment de l’appréhension d’un paysage infiniment plus riche et plus complexe, qui prend à revers bien des certitudes et questionne les circuits et les enracinements de la pratique architecturale et décorative au cours de la période contemporaine.

Les difficultés propres à ce domaine de recherche ne peuvent être mésestimées. La tradition française d’esquiver l’étude des « passés troublés » – à l’heure où la recherche européenne en a fait l’une de ses priorités thématiques – ne facilite pas l’étude de l’architecture coloniale. La dimension globale de la pratique post-coloniale représente un autre défi. Parvenir à la saisir « à parts égales » (Romain Bertrand, L'Histoire à parts égales, Paris, 2011) suppose des compétences linguistiques étendues afin d’être en mesure de tirer parti de toutes les documentations existantes, et notamment celles en langues non-européennes. Dans d’autres cas, l’extrême dispersion des sources, l’accès restreint, voire fermé, à certaines archives, leur disparition, ou à l’inverse la masse de données à traiter, forment autant de verrous supplémentaires à la connaissance.

Pour sa seconde année, le séminaire entend se centrer sur les sources et les méthodes que les chercheurs se donnent pour aborder ce parent pauvre de l’histoire de l’art et de la culture matérielle du monde contemporain, en termes de corpus, de découpages chronologiques et thématiques, de perspectives problématiques. Les séances offriront l’occasion de discuter les travaux européens les plus récents conduits dans ce champ de recherche.

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