La Fabrique du Caire moderne

Photographies sur les transformations urbaines du Caire entre 1849 et 1946, album Mosséri, BnF

Sous la responsabilité d'Adam Mestyan (Duke University) et Mercedes Volait (InVisu, CNRS) le projet La Fabrique du Caire moderne est lancé pour 3 ans, de 2019 à 2021. Il a une double finalité scientifique, croisant sciences historiques et humanités numériques. Il vise d’une part à consolider et à développer une histoire pragmatique de la formation et de la matérialité architecturale et urbaine du Caire moderne (périodes khédiviale et monarchique). Il ambitionne d’autre part de mettre en œuvre des outils de formalisation, de traitement et de restitution numériques des documentations visuelles et textuelles qui seront exploitées ou constituées au cours du programme, selon les standards d’interopérabilité et de pérennité requis par la science ouverte. La proposition inclut un volet didactique visant à offrir sur place une initiation et une formation pratique aux humanités numériques en environnement ouvert, à partir des corpus traités, afin d’accompagner l’IFAO dans la mise en place d’une infrastructure géomatique pour l’étude du Caire moderne, réutilisable pour d’autres thématiques. Il aboutira à la mise en ligne de ressources numériques.

Le projet s’appuie en premier lieu sur les travaux menés séparément et conjointement par ses responsables sur l’histoire architecturale, patrimoniale et urbaine du Caire au XIXe et premier XXe siècle. Ceux-ci sont animés par une démarche d’histoire à la fois méthodique et critique et entendent brasser des sources variées : archives et écrits arabes et européens, données visuelles et matérielles. Si Le Caire moderne ou « Belle Époque » suscite depuis plusieurs décennies un nombre croissant d’écrits, la perspective matérielle mobilise principalement des sources cartographiques, de terrain et de seconde main (Scharabi 1989, Hawas 2002, El-Kadi 2012, Capresi et al. 2015) ou encore combine le terrain et la cartographie avec des données historiques exclusivement en langues européennes (Arnaud 1998), tandis que les travaux des historiens égyptiens ignorent en règle générale les sources européennes de même que la matérialité de la ville (Chalabi 1987, Isma‘il 1997). Les sources arabes et européennes sont en outre rarement croisées. La projet bénéficie, en second lieu, de l’expertise en humanités numériques acquise par le laboratoire InVisu en matière de référentiels toponymiques, du partenariat noué avec Persée pour la mise en œuvre d’une plateforme dédiée d’agrégation de contenus, la Perséide Athar  (https://athar.persee.fr/), et enfin de l’investissement fait par Adam Mestyan dans les langages et les outils de traitement numérique de données textuelles (XML-TEI).

La projet s’organise en 3 sous-projets :

  •  Le Caire du collectionneur Max Karkégi (1931-2011) 
  •  Waqf et capitalisme au Caire, 1863-1914
  • Le remploi dans l’architecture cairote moderne

Le projet fait suite aux recherches que mène à l’IFAO Mercedes Volait depuis 2005, et Adam Mestyan depuis 2012, à titre de membre scientifique étranger depuis 2016. Il fait directement suite au programme Architectures cosmopolites, qui a été mené de 2012 à 2016.

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Voir aussi : le blog d'Adam Mestyan