GeoNames : un outil pour localiser, partager et enrichir ses données

Grâce à ses travaux sur la toponymie des monuments du Caire, le laboratoire InVisu a contribué à la création d’autorités géographiques pour l’indexation de fonds iconographiques traités en collaboration avec le département des Estampes et de la Photographie de la BnF. En août 2014, 38 notices ont été créées et 28 autres, complétées. Elles sont désormais disponibles dans le catalogue de la BnF et portent sur différents types de monuments (mausolée, fontaine, maison, mosquée, palais, madrasa, hôpital, caravansérail), ainsi que sur des places, des rues ou des quartiers du Caire. InVisu a fourni les notices descriptives (type, localisation et date de construction des monuments), une liste de variantes des toponymes comme « employé pour » et une liste de sources incluant des liens vers ViafGeoNamesidRef et archnet.org.

La base de données géographiques collaborative GeoNames (http://www.geonames.org) contient plus de 8 millions de toponymes. Cet index géographique mondial est régi par une licence Creative Commons. Les coordonnées géographiques sont fondées sur le système de coordonnées WGS 84. Les noms géographiques se trouvent répartis en neuf catégories ou classes, elles-mêmes subdivisées en sous-catégories (http://www.geonames.org/export/code...) : A) Country, state, region ; H) Stream, lake ; L) Parks, area ; P) City, village ; R) Road, railroad ; S) Spot, building, farm ; T) Mountain, hill, rock ; U) Undersea ; V) Forest, heath. Ces catégories correspondant à des « calques » qu’il est possible d’afficher ou non. On peut également visualiser les pages wikipedia correspondantes aux lieux recherchés. Le fonds de carte utilisé est celui de Google Maps.

Les utilisateurs peuvent créer, modifier ou enrichir les données. Lors de l’édition d’un nouvel élément, il est possible d’indiquer le toponyme dans différentes langues, de signaler ses variantes orthographiques (la base accepte les caractères non latins et les caractères spéciaux), les subdivisons administratives, des mots-clefs et des liens vers d’autres sites web. On peut aussi préciser si un toponyme est une forme préférentielle, historique ou vernaculaire. Cette base est intégrée au web sémantique : chaque donnée reçoit un identifiant unique et pérenne (URI, Uniform Resource Identifier). Ces données, décrites en RDF (Resource Description Framework), sont interopérables et reliées à d’autres données RDF comme celles de DBpedia. GeoNames est notamment utilisé par data.bnf, la plateforme Isidore et Europeana.

Le laboratoire InVisu a utilisé GeoNames pour enrichir et partager un référentiel sur les monuments du Caire. Plus de quatre cents monuments ont été créés, ce qui a permis, d’une part, de recueillir leurs coordonnées géographiques et leurs URI et, d’autre part, d’exposer les données de ce référentiel dans le linked open data. Dans le cadre d’une étude sur l’histoire architecturale et urbaine de la ville d’Alger aux XIXe et XXe siècle, le laboratoire InVisu poursuit ce travail d’enrichissement de GeoNames en plaçant les bâtiments qui seront présentés dans l’étude.