Iconographie du Caire monumental : Les clichés de Beniamino Facchinelli pris entre 1873 et 1895


Recherche pluriannuelle conventionnée entre INHA-InVisu et BnF-département des Estampes et de la Photographie (convention de partenariat validée par l’INHA, en cours d’examen par les services juridiques de la BnF).

Photographie de Beniamino Facchinelli, album Malandrini, collections de la bibliothèque de l'INHA.

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Dans le prolongement du traitement de la documentation cairote constituée par Jules Bourgoin et Émile Prisse d’Avennes, l’unité a entrepris le catalogue raisonné des photographies du Caire de Beniamino Facchinelli, photographe italien actif en Égypte entre 1873 et 1895, et auteur d’une production très remarquable et originale de photographies sur la topographie monumentale du Caire historique, qui tranche avec la production commerciale de son temps. Ses photographies de rues et monuments du Caire historique résultent de commandes passées par des amateurs français, l’architecte Ambroise Baudry et l’archéologue Arthur Rhoné, très impliqués dans la défense des monuments historiques du Caire. À sa façon, Facchinelli est une sorte « d’Atget du Caire », enregistrant systématiquement par la photographie un patrimoine monumental en voie d’abandon et de disparition (beaucoup de monuments photographiés n’existent plus aujourd’hui). Une partie des images Facchinelli (certaines anonymes, d’autres portant un timbre sec, d’autres encore placées dans des albums) portent des numéros qui les inscrivent dans une série cohérente.

La carrière de ces vues est intéressante, car ces photographies sont généralement entrées dans des fonds documentaires spécialisés. Les collections Jacques-Doucet de la BINHA conservent 177 vues du Caire de Facchinelli (réputées anonymes jusqu’il y a peu), complétées par un album de 187 vues daté de 1887 acquis en juin 2013. Un lot de 176 vues est entré en 2012 (don Karkégi) au département des Estampes de la BnF, d’autres lots se trouvent dans le fonds Creswell de l’Université américaine du Caire, dans les archives Alinari de Florence, dans les collections du Victoria and Albert Museum à Londres, ainsi qu’à la fondation Max van Berchem de Genève (225 vues) ou encore à l’Institut de France. Elles ont circulé au sein de cercles spécialisés et illustré les publications sur l’art musulman et les monuments du Caire (ouvrages d’Arthur Rhoné, d’Henri Saladin, d’Edmond Pauty, d’Henry Wallis, etc.). Le travail entrepris vise à reconstituer le catalogue Facchinelli relatif aux monuments du Caire.
Quelque 900 clichés ont été repérés à ce jour par consultation des principaux fonds documentaires conservant des photographies du Caire, pour un corpus qui doit être de 1 237 vues, d’après le chiffre le plus élevé porté sur les photographies répertoriées. Le collationnement des légendes portées au verso des clichés, dans les albums ou dans les fichiers spécialisés, permet par recoupement d’attribuer des identifications détaillées à la plupart des images. La finalité est d’élaborer un catalogue virtuel Facchinelli, avec des données enrichies, qui permettra d’étudier la géographie patrimoniale induite par ces images et ce qu’elles livrent du cadre cairote.

Ce travail est mené en partenariat avec le département des Estampes de la BnF ; il bénéficie de la collaboration de collègues égyptiennes de l’Université américaine du Caire : Ola Seif, conservatrice de la photographie, accueillie en juin 2013, et Dina Bakhoum, chargée de cours sur l'architecture islamique, doctorante à InVisu. Il prévoit l’enrichissement de systèmes d’information (catalogage pièce à pièce dans AGORHA, création d’autorités géographiques dans Rameau), l’organisation pour janvier-mars 2017 d’une exposition avec catalogue en salle Roberto Longhi (une initiative sera organisée en parallèle au Caire), une publication finale co-éditée par la BnF et l’INHA et une présentation numérique géolocalisant les monuments photographiés. Depuis mai 2014, les clichés conservés à la BINHA ont été identifiés et leurs données enrichies. Le fonds Doucet, le fonds Ballu et l’album Malandrini ont fait l’objet d’un enregistrement et d’une description pièce à pièce dans la base AGHORA. Ce sont 378 fiches qui sont actuellement traitées et l’enrichissement des données est versé dans la base pour leur future mise à disposition. En juin 2015, 174 fiches sont en phase de relecture. Le projet s’accompagne de l’organisation dans le cadre du Labex CAP (COMUE HeSam) d’un colloque international sur les « Capitales photographiques au XIXe siècle » (17-19 septembre 2015), à l’auditorium de l’INHA, sous la responsabilité scientifique de Jean-Philippe Garric (Paris I), Sylvie Aubenas (BnF) et Mercedes Volait (InVisu).