Nouvelles formes d’éditorialisation : constitution du savoir et apprentissages

Pour la seconde année consécutive, dans le cadre de sa mission de veille et de réflexion sur les outils numériques, InVisu s’associe avec la revue internationale en ligne de Sens public pour un séminaire autour de ces thématiques.

Nouvelles formes d’éditorialisation : constitution du savoir et apprentissages

14 octobre 2010, 18h-20h

Gilles Rouet et Monique Lakroum 

Savoirs et apprentissage

La production des contenus en ligne ainsi que la publication en format numérique des textes originalement pensés pour être diffusés sur papier pose de nouvelles questions relatives aux dispositifs de constitution des savoirs et à leurs systèmes de diffusion et de partage.
Pour le modèle issu de la galaxie Gutenberg, le fonctionnement de ce processus est connu : le rôle des auteurs, des groupes savants, des institutions et des éditeurs. Mais à l’ère des nouvelles technologies, l’ancien mécanisme a été bouleversé. 
D’une part les contours de la place occupée par l’auteur, dans un système de production du savoir de plus en plus fondé sur ce que Lévy appelle « l’intelligence collective », sont interrogés. La différence entre auteurs et usagers s’est parfois affaiblie, les contenus sont crées et organisés à partir de pratiques participatives – blog, des wikis et nouvelles formes de social tagging. En deuxième lieu se pose la question de l’autorité chargée de garantir la fiabilité des contenus et d’en donner une évaluation. 
En troisième lieu il s’agit de s’interroger sur les procédures méta-éditoriales qui règlent la production des contenus et sur leur manière de façonner les contenus eux-mêmes. Par exemple, comment la gouvernance de wikipédia, tout en revendiquant de ne pas prendre en charge la responsabilité des contenus, engendre-t-elle une forme particulière de leur production ?
Finalement, les nouveaux dispositifs de production du savoir posent la question fondamentale des apprentissages : de quelle manière peut-on se servir des technologies de l’information pour la transmission du savoir ? Quels sont les enjeux pédagogiques de ces nouvelles pratiques ? De quelle façon les technologies de l’information modifient-elles les apprentissages du fait de la disponibilité immédiate et surabondante des contenus, du manque d’une hiérarchisation analogue à la hiérarchisation traditionnelle, et du fait de la dispersion et l’enchevêtrement des données ?
Poursuivant la réflexion entamée en 2009-2010, le séminaire envisage de se poser ces questions du double point de vue théorique et pratique : en étudiant les implications sociales, philosophiques et politiques issues des nouvelles formes d’éditorialisation, tout en se rapprochant concrètement des outils techniques qui sont à leur base. La réflexion sera menée par des praticiens rendant compte des derniers développements techniques qui nous font transiter du web 2.0 au web sémantique, et par des théoriciens sachant proposer des modèles conceptuels pour interpréter les enjeux de cette transformation.

à l’INHA, 2 rue Vivienne, Paris 2e, entrée libre

 Programme 2010-2011 du séminaire