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Programme 2010-2011

La production des contenus en ligne ainsi que la publication en format numérique des textes originalement pensés pour être diffusés sur papier pose de nouvelles questions relatives aux dispositifs de constitution des savoirs et à leurs systèmes de diffusion et de partage. Pour le modèle issu de la galaxie Gutenberg, le fonctionnement de ce processus est connu : le rôle des auteurs, des groupes savants, des institutions et des éditeurs. Mais à l’ère des nouvelles technologies, l’ancien mécanisme a été bouleversé. D’une part les contours de la place occupée par l’auteur, dans un système de production du savoir de plus en plus fondé sur ce que Lévy appelle « l’intelligence collective », sont interrogés. La différence entre auteurs et usagers s’est parfois affaiblie, les contenus sont crées et organisés à partir de pratiques participatives – blog, des wikis et nouvelles formes de social tagging. En deuxième lieu se pose la question de l’autorité chargée de garantir la fiabilité des contenus et d’en donner une évaluation. En troisième lieu il s’agit de s’interroger sur les procédures méta-éditoriales qui règlent la production des contenus et sur leur manière de façonner les contenus eux-mêmes. Par exemple, comment la gouvernance de wikipédia, tout en revendiquant de ne pas prendre en charge la responsabilité des contenus, engendre-t-elle une forme particulière de leur production ? Finalement, les nouveaux dispositifs de production du savoir posent la question fondamentale des apprentissages : de quelle manière peut-on se servir des technologies de l’information pour la transmission du savoir ? Quels sont les enjeux pédagogiques de ces nouvelles pratiques ? De quelle façon les technologies de l’information modifient-elles les apprentissages du fait de la disponibilité immédiate et surabondante des contenus, du manque d’une hiérarchisation analogue à la hiérarchisation traditionnelle, et du fait de la dispersion et l’enchevêtrement des données ? Poursuivant la réflexion entamée en 2009-2010, le séminaire envisage de se poser ces questions du double point de vue théorique et pratique : en étudiant les implications sociales, philosophiques et politiques issues des nouvelles formes d’éditorialisation, tout en se rapprochant concrètement des outils techniques qui sont à leur base. La réflexion sera menée par des praticiens rendant compte des derniers développements techniques qui nous font transiter du web 2.0 au web sémantique, et par des théoriciens sachant proposer des modèles conceptuels pour interpréter les enjeux de cette transformation.

Le séminaire « Nouvelles formes d’éditorialisation » est organisé par le laboratoire InVisu (CNRS-INHA) avec le laboratoire Sens Public-MSH Paris Nord.

Il a lieu le jeudi à 18h à l’INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris.

L’entrée est libre et gratuite.

Contact : Anne-Laure Brisac

Télécharger le programme du séminaire

-  1. 14 octobre 2010

Gilles Rouet et Monique Lakroum, « Savoirs et apprentissage ».

- 2.18 novembre 2010

Bernadette Dufrene, maître de conférences à Paris Ouest Nanterre La Défense et responsable du master, « Patrimoine, muséologie et numérique », « Formes de la médiation numérique ».

- 3. 16 décembre 2010

Claude Mussou, Inathèque de France - Coordination du Dépôt légal du web, et Louise Merzeau, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’université de Paris X Nanterre, « Archives et constitution du savoir ».

- 4. 13 janvier 2011

Dominique Cardon, sociologue, « La politique des algorithmes. Les différentes formes de classement de l’information sur le web ».

- 5. 10 février 2011

Simon Bachelier, de la Cité de sciences et de l’industrie, « Serious games : introduction d’un nouvel outil d’apprentissage et de transmission des savoirs ».

- 6. 10 mars 2011

Hervé Le Crosnier, professeur à l’université de Caen, « DMS : Document management system Sydonie ».

Présentation de l’intervention :

Il nous faut analyser les évolutions du web non seulement à partir des nouveaux usages (notamment les réseaux sociaux), mais aussi à partir des opportunités techniques. En effet, durant sa courte histoire, l’internet a été un moteur à deux temps, une impulsion venant des développeurs de nouvelles techniques puis un usage qui souvent détourne ces techniques et incite à l’innovation ascendante. C’est aujourd’hui la logique des "web sciences" de considérer ces deux aspects de l’étude du réseau : une proposition technique, et une prise d’indépendance des usages sociaux.

C’est du côté des propositions techniques que je voudrais parler lors de ce séminaire, afin de montrer les divers projets en cours, ce qu’ils impliquent du point de vue des opérateurs du web (depuis les firmes gérant les contenus jusqu’aux web-développeurs et aux acteurs de la normalisation). On peut prédire d’avance que les usages seront différents, imaginatifs,... mais ne pourront se construire que sur la compréhension sociale (i.e : le pli des opportunités techniques sur les pratiques antérieures) des techniques à l’œuvre.

Ces techniques sont elles-mêmes bâties sur une architecture complexe, avec à la base la normalisation technologique, ou plutôt le combat de secteurs techniques autour de la normalisation, ce qui est une première scène de la co-construction du web. Nous expliciterons ce niveau au travers des exemples de HTML5 et des microdata. Viennent ensuite les outils techniques de facilitation des usages, à l’images des logiciels de gestions de contenu (CMS) ou les logiciels de blogs, qui ont permis l’explosion de l’expression directe pour les non-techniciens. C’est sur cette couche que nous développons le framework Sydonie que je présenterai. Enfin, les outils sémantiques et sociaux qui sont co-construits par des usagers, et dont les bénéfices peuvent être ré-incorporés dans les outils spécifiques. On va de plus en plus disposer de services répartis capables de fournir des informations de base dont les opérateurs de sites (bibliothèques, services d’archive ou services de publication) pourront tirer bénéfice. Les services de cartographie (Google Maps ou OpenStreeMap) sont un exemple typique. Mais de nombreux aux services proposés en mode "linked data" rentrent dans cette catégorie.

Derrière cette architecture technique on voit ré-apparaître deux logiques oubliées sous la magie des moteurs de recherche et des web-médias :
- le système des bibliothèques, qui va de la définition des documents, de leur indexation, jusqu’à l’organisation de la connaissance à partir des fonds documentaires.
- la place des fournisseurs de contenus face aux techniques d’agrégation, de repackaging, de curation ou de recommandation de gré à gré.

Et dans ce cadre nous devons étudier la question des relations rémunération/usage. La situation nous impose de repenser la propriété intellectuelle et de ses modèles de financements, tout en préservant les deux piliers que sont le droit moral (le respect de l’auteur, qui passe par le respect du document qu’il crée) promu par le droit français, et les formes d’incitation à la production d’œuvres utiles (ou encore reconnues par le public quand il s’agit de création dans la culture populaire) qui fut au cœur de la première loi sur le copyright dit "Statut d’Anne", il y a trois siècles.

Le document, dont on a trop souvent annoncé la noyade dans le flux du réseau, pourrait resurgir comme principe organisateur des contenus, des services et des modèles d’affaire. Ce sont aux professions du document de participer à cette résurgence en étant ouvertes et participatives, apportant leurs connaissances au nouveau réseau réparti qui se construit sous nos yeux derrière l’écume des réseaux sociaux.

- 7. 7 avril 2011

Antoine Blanchard, co-fondateur du C@fé des sciences et président de l’association C@fetiers, membre du conseil scientifique d’Hypothèses, plateforme de carnets scientifiques.

Présentation de son intervention :

« Découvrir un blog de science sur la base d’une recommandation. Le lire parce qu’on apprécie son style. Engager la conversation avec son auteur. Se familiariser avec un regard scientifique sur le monde. Incarner à son tour des savoirs et des attitudes. Voici où peut mener une longue fréquentation des blogs de science, que l’on tentera ensemble de comprendre et d’analyser. »

salle Vasari, 18h, entrée libre

- 8. 5 mai 2011

Bastien Guerry, Wikimedia, « Qu’avons-nous appris avec Wikipédia ? ».

La séance est annulée

- 9. 9 juin 2011

Denys Chomel, « La question du sommaire dans les nouvelles formes d’édition ».

Fondateur en 2001 d’une formation en 5 ans sur les métiers de l’internet, Denys Chomel observe l’évolution des comportements des étudiants face au savoir.

Dans les moteurs de recherche, toutes les réponses sont "équidistantes" de la question : cela va-t-il influer sur la structuration de la pensée de ces jeunes adultes ? Au moment ou la pensée technique et en partie économique adopte pour partie la métaphore du "cloud" pour le stockage des informations, le "stockage de savoir" a-t-il un sens pour les générations à venir ? Il n’y a pas de sommaire dans la plupart des accès électronique à l’information, mais des successions de liens et des moteurs de recherche.

Au-delà de poncifs sur la génération Y Z ou d’autres encore..., cela sera le lieu d’une tentative de réflexion sur l’impact des NTIC sur la représentation du savoir.


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