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Qu’est-ce qu’InVisu ?


L’USR 3103 (unité mixte de service et de recherche) InVisu, l’information visuelle et textuelle en histoire de l’art : nouveaux terrains, corpus, outils est le fruit d’un partenariat entre le CNRS et l’INHA. Elle a été créée le 1er janvier 2008.

Elle a pour vocation de contribuer à la réflexion méthodologique en histoire de l’art par l’expérimentation des nouvelles technologies de l’information. Il s’agit de se doter des outils et des méthodes permettant une maîtrise raisonnée du numérique au service du développement de la connaissance en histoire de l’art et de l’élargissement de ses domaines d’investigation.

L’activité s’appuie sur la mise en oeuvre de recherches collaboratives dans des domaines émergents de la discipline (architectures modernes en Méditerranée, historiographie des arts de l’Islam), impliquant la constitution et le traitement de nouveaux corpus (collections graphiques, données multilingues dispersées et hétérogènes, rapprochement virtuel de sources).


Les industries d’art en Tunisie contemporaine

Docteur en histoire de l’art de l’Université Paris IV (2010), Clara Alvarez rejoint le laboratoire InVisu dans le cadre d’un contrat européen de recherche postdoctorale (programme « Marie Curie CLARIN - COFUND 2014 ») de deux ans (janvier 2015 – décembre 2016) pour travailler au projet de recherche « Inventer la Tradition. La rénovation et la mise en patrimoine des industries d’art tunisiennes en situation coloniale ». L’objectif est d’étudier les manifestations artistiques tunisiennes des premières décennies du XXe siècle et d’analyser des processus de réinvention de la tradition artisanale, ainsi que de rénovation et de mise en patrimoine des arts décoratifs en situation coloniale. Il s’agit ce faisant de se familiariser avec les outils et modes de publication et de mise à disposition des résultats et des données de la recherche à l’heure du numérique.

Au début du XXe siècle, la tradition semble vivre ses derniers jours dans la Tunisie sous protectorat français. Paradoxalement, la prolifération des nouvelles traditions coloniales détermine en retour l’invention de traditions indigènes qui reflètent les politiques sociales et culturelles, les doctrines patrimoniales et les dynamiques touristiques de leur temps. On s’adonne à un exercice de correction, d’épuration, de régularisation pour soumettre la tradition artisanale aux attentes de la métropole et des autorités locales. La tradition artistique est réinventée à partir de références plus ou moins vernaculaires : la céramique d’art de Tunis et de Nabeul ou le tapis de Kairouan deviennent des emblèmes identitaires.

La recherche vise à mettre en lumière le rôle joué par les institutions, les acteurs, collectifs et individuels, et l’élite autochtone dans la rénovation des industries d’art tunisiennes. Elle privilégie une approche comparative à l’échelle maghrébine et entre les époques. Le projet entend, d’une part, proposer l’analyse iconographique de sources peu valorisées jusqu’à ce jour et, d’autre part, apporter la perspective de la longue durée à des phénomènes, des concepts et des images forgés vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle afin d’en relever l’évolution lors des grands moments où la Tunisie est présentée en France – notamment lors des Expositions Universelles de Paris de 1889 et 1900 et de l’Exposition Coloniale Internationale de 1931.